18.12.2005
Etudiants d'Ici et d'Ailleurs
Cela me parait intéressant de procéder à une sorte de comparaison entre l'étudiant marocain qui fait ses études au Maroc, et l'étudiant marocain qui a quitté son pays natal afin de poursuivre ses études à l'étranger. J'espère que cette comparaison sera crédible à vos yeux, déjà parce que j'ai déjà vécu les deux situtations et j'arrive à discerner les différences qui existent.
Tout d'abord commençons par l'étudiant marocain qui fait ses études au Maroc. Il habite avec ses parents dans la plupart des cas. Qu'il poursuive ses études à la fac, dans une école privée ou dans des prépas; il s'agit absolument du même rythme de vie. Il retrouve l'ambiance familiale entre les cours et lors des week-ends. Il est vrai qu'il peut passer beaucoup de temps en compagnie de ses amis "squattant" chez l'un deux, ou faisant un "posage". Il arrive qu'il voyage tout seul...Mais la plupart des actes de la vie civils sont accomplis par ses parents. Monsieur (ou Madame) est nourri, blanchi, logé et servi. Tout est mis à sa disposition, et on lui demande à genoux de bien suivre ses études et de ne pas rater ses années. Les parents font tout leur possible pour amoindrir la reponsabilité dont peut revêtir leur progéniture qui a atteint d'ores et déjà l'âge adulte. Monsieur vit dans une bulle dorée et croit que la vie sera tout le temps comme ça...Dans d'autres cas, cet étudiant sera même contraint à s'installer dans une autre ville et dira que c'est assez insuportable. Sauf que maman vient tout les week-ends pour lui cuisiner les bons petits plats, et papa pour nous secourir en cas de crise financière. Tous comptes faits, la situation n'est pas si mal que ça...
Maintenant, on passe voir l'étudiant marocain à l'étranger. La plupart du temps, il s'installe en France. En premier lieu, l'exiguité du lieu est étouffante vu que ce jeune homme devra en même temps se laver le visage, préparer le petit déjeuner et repasser sa chemise. A part si son père ne possède une fortune colossale et des appartements disperssés dans les quatre coisn du monde, notre étudiant se verra souvent attribuer un minuscule studio. Après il devra intégrer les trajets des bus, vu que les taxis ne sont pas monnaie courante à part au Maroc. Donc il faudra repérer les lignes qui emmènent à la fac, au supermarché, au centre-ville, à la préfercture, à la sécurité sociale...et la liste est bien longue. Une fois ce cap passé, l'installation s'avère un peu plus coûteuse que l'on croyait; déjà que le loyer n'est pas donné, il faut aussi payer l'abonnement téléphonique, l'abonnement internet, l'abonnement de la carte de bus, les factures EDF... Notre étudiant devra bien faire ses preuves comme un bon gestionnaire, sinon il n'arrivera jamais à boucler ses fins de mois. En parlant de fin de mois, en plus de ses cours à la fac, il est fréquent de voir des étudiants ayant un temps partiel...ce qui est éreintant croyez-moi. S'ajoute à cela les courses à faire chaque semaine, les cours à apprendre, le ménage et le pareterre, la lessive, la vaisselle...Programme bien chargé pour quelqu'un qui cherchait la liberté en s'éloignant de ses parents.
Mais ce que j'évoquerais, c'est même si l'expérience paraît et est effectivement dure, l'étudiant en sort mûri et responsable plus qu'autre chose. Donc futurs étudiants, ne croyez absolument pas à l'utopie de la liberté à l'étranger, car si vous n'êtes pas enchaîné par vos parents, vous l'êtes par vos obligations.
Hind El Gaidi
18:55 Publié dans Ca se passe au Maroc...et Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


